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Déménagement

Ca y est la valise est prête, c’est décidé …je déménage !

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Révolution Scientifique et Révolution numérique: ébauche d’un paradigme.

Retour sur plusieurs aspects de la Révolution Scientifique

Lors de mon Master en Littérature à la Sorbonne, j’ai étudié les monstres dans les corpus médicaux à la charnière entre le XVIe et le XVIIe siècle.
C’est à dire en pleine émergence d’une Révolution Scientifique, qui aboutira au XVIII par la classification de Linné et au rationalisme scientifique et positiviste du XIXe (pour brosser un très très large panorama).

La République des Lettres (ie la communauté des lettrés: médecins, philosophes, mathématiciens, astronomes, théologiens, écrivains dramaturges etc) est en ébullition. C’est l’époque de Copernic pour l’astronomie, Harvey pour la circulation sanguine, Théophraste Renaudot pour la médecine chimique, etc… Ebullition de toute la communauté tant il est vrai qu’il n’y a pas encore de véritables distinctions entre les disciplines.
Les nombreuses question soulevées révèlent un changement en profondeur des mentalités et une mutation centrale de la pensée européenne.
C’est en effet l’heure de l’émergence d’une science moderne rationnelle.
Fondée peu à peu sur des faits observables et mesurables, la science change progressivement de visage, elle modifie en profondeur le rapport que l’homme entretient avec le monde et la nature. Même si la médecine peine à percer dans cette voie, tant les implications religieuses sont lourdes, les sciences naturelles poussées par la découverte d’un Nouveau Monde subissent un profond remaniement dont la figure du monstre témoigne avec une acuité particulière.

Une transition épistémique

A cette époque, en effet, on assiste au cours des débats de la communauté scientifique à ce que Foucault qualifiait de transition epistémique (Les Mots et les Choses, Paris : Gallimard, coll. « Tel », 1966), Alexandre Koyré (Du monde clos à l’univers infini, trad. Raïssa Tarr., coll. tel, Paris : Gallimard, 2003) et Pierre Duhem (Le système du monde. Histoire des doctrines cosmologiques de Platon à Copernic. Paris : Hermann, 1913-1915, 3t.) de révolution scientifique et épistémique.

La communauté scientifique et la République des Lettres procèdent:

  • à un vaste et collossal mouvement de catégorisation et caractérisation du savoir (dont témoigne par exemple la constitution des premières histoires naturelles ordonnées alphabétiquement et classés par type morphologique discriminant, et dont le monstre illustre avec acuité le remaniement)
  • à un large questionnement sur les témoignages de la Tradition et des Anciens (dont témoigne entre autres la polémique autour de Copernic, les débats sur la médecine chimique, et les polémiques religieuses … les exemples sont trop nombreux pour les citer en intégralité)
  • à une refonte en profondeur des modes de diffusion et de restitution du savoir (dont témoigne le vaste mouvement antischolastique, l’émergence des académies savantes, la naissance de la presse).

(Pour bien mesurer le rôle des académies dans la Révolution scientifique, voir Simone MAZAURIC , Savoirs et Philosophie à Paris dans la première moitié du XVIIe siècle. Les Conférences du Bureau d’Adresse de Théophraste Renaudot, Paris, Publications de la Sorbonne, 1997)

La figure du monstre, par l’obstacle et le scandale qu’il constitue pour la pensée rationnelle permettait lui aussi d’éclairer:

  • la constitution lente d’une frontière conceptuelle et discriminante entre le réel et l’imaginaire: un nouveau rapport à la nature.
  • le passage de l’explication par analogie à la démonstration par la preuve: un nouveau rapport au fait.
  • la réorganisation globale des connaissances notamment naturalistes et médicales.
  • les nouveaux modes de diffusion du savoir : la préférence donnée au fait présent sur les témoignages passés et la tradition: un nouveau rapport à l’Histoire.

Le monstre éclairait donc par la marge et par l’obstacle certaines conditions d’émergence d’une nouvelle epistémè.

De la Révolution scientifique à la révolution numérique: paradigmes et hypothèses de travail

Ces conditions d’émergence largement étudiées trouvent cependant quelques résonances à l’heure actuel. Je me permettrais donc d’ébaucher ici un paradigme et d’exposer certaines de mes hypothèses que l’étude de la transition épistémique entre 1590 et 1630 m’ont permis d’éclairer.

Voila donc une proposition d’étude qui a pour épine dorsale l’étude d’un paradigme épistémique.

Introduction

Changement de support à l’ère de l’Internet: une modification du rapport au fait et à l’information, à l’administration et la restitution de la preuve
- Le document numérique: intratextuel / extratextuel/ hypertextuel (à comparer avec les système hypertextuels du livre manuscrit)
- Conservation et pérennité des données: les enjeux des Formats Libres et des traitement automatisés (à comparer avec les implications des livres conservés sur un sujet)
- Archivage et classification des données ( à comparer avec le savoir au XVIe comme constitution d’un réseau de sens)

Tous les enjeux du livre numérique et de l’archivage des données ont été brillamment évoqués par Alain Jacqueson et Alexis Rivier (Bibliothèques et Documents Numériques, ed. du Cercle de la Libraire, coll; du Cercle de la Librairie, 2ed. Paris, 2005)
Le rapport à l’administration de la preuve et la conservation des données ont été soulevé notamment par Marin Darcos, Jean Phillipe Magué, Corinne Welger Barboza, Stéphane Poyllau et Lou Burnard (“Digital Humanities”, Place de la Toile, émission du 02/07/2010 sur France Culture présenté par Xavier de la Porte, 60min) et par bien d’autres chercheurs encore.

Je ne me permettrais pas de reprendre un à un leur développement à mon compte mais seulement d’apporter un éclairage historique.

Par ailleurs d’autres paradigmes apparaissent

* Modification des modes d’accès et de diffusion du savoir

1.0 Le moteur de recherche vs annuaire et encyclopédie : système distribué (décentralisation) vs système fédéré (hiérarchisation)
2.0 République des Lettres vs Blogosphère : la recommandation par les pairs comme système de circulation et de diffusion de l’information
3.0 Des savoirs interconnectés, décentralisés et enrichis par les pairs : l’exemple de l’encyclopédie collaborative

* Nouvelle catégorisation et caractérisation des informations

1.0 Les différentes fonctions sémiotiques de l’hyperlien (url): analogie signifiante/ exemple et illustration/ argument d’autorité?
2.0 La fonction du tag vs catégorie: du concept au mot-clé…
3.0 De l’information au même: importance des noeuds (interconnection), adjonctions (commentaires, rectifications) et diffusion/ reproductibilité ( partage, recommandation).

Il me faudra revenir sur un des aspects les plus frappant de ce paradigme plus profondément et en détails avec force exmples rassurez vous.Il s’agit du renouveau d’un savoir non plus fédéré mais distribué en réseau de sens. Cette organisation en réseau de sensfonctionnait déjà au XVIe siècle peu avant la Révolution scientifique.

Echange d’information, collaboration, partage MAIS qui vérifie l’information?

Un exemple en appui j’ai demandé à environ 75 personnes d’être mes contacts sur un réseau professionnel. Qui a une la bonne idée de vérifier indépendamment qui j’étais?
Réponse: une personne sur 75.
Comment a t’elle fait?
Elle a tapé mon nom sur Google…

Hors Google intègre dans ses résultats de recherche les recherches le splus courantes de l’utilisateur. Autrement dit Google affine une recherche en fonction de nos habitudes de recherches. NoUs ne verrons que ce que nous avons l’habitude de chercher, nous verrons ce que nous avons envie de voir.
La composante sociale est devenue très importante dans les résultats des moteurs de recherches, le temps rééls les suggestions automatisées son autant de moyens pour nous induire vers la bonne réponse, ou celle qu’on veut nous donner.

Si un moteur de recherche et un réseau social ont différentes manières de gérér l’unité minimale d’information ils no’ot qu’une seule manière de concentrer l’information via des mots clés. Un moteur de recherche nous donne des resultats de requêtes, un réseau social des profils ype: ils ne nous donne aucun moyen de vérifier comment a été construite l’information. Ils ne font que se plier aux requètes les plus demandées par l”individu (via sa boite mail) et par l’ensemble des internautes (via la suggestions de mots clés et l’usage répétés de liens ) de même sur les réseaux sociaux l’ensmeble de noeuds et de mots clés qu’il aura pu constituer lui assurent une bonne visibilité.

A t on conscience que nous sommes les propres acteurs de notre système d’information, qu’un moteur de recherche se module en fonction de nos recherches les plus courantes?
Sommes nous devenus nos propres censeurs du net?
Savons nous décortiquer l’information qui se diffuse sur le Net?
Le premier qui répond aura fait preuve d’esprit critique et d’analyse.
Tribune ouverte sur mon blog…un droit de réponse et un droit de regard.

Echange d’information, collaboration, partage, mutualisation de l’information sont désormais des mots à la mode depuis que le marketing s’est emparé avec gourmandise du 2.0. Les ingénieurs en Technologies de l’Information appellent cela la “dissémination des données”. En effet le web est un devenu “the new medium” de communication. La structure même du réseau favorise le partage du contenu d’un point à un autre et les nouveaux services web ont favorisé le partage multiple des données. Encore faut il savoir où chercher… ce que l’on cherche importe moins que où on peut le trouver. Et contrairement aux encyclopédie classiques il n’y a pas d’index du web pas de formalisation universelle du contenu.
Les moteurs de recherches qui ont gagné la bataille contre les annuaires il ya quelques années ne donnent accès qu’à 10% de l’information présente sur le réseau.On est encore loin du rêve de la Bibliothèque Universelle…

Des mots

La grande bataille du moment c’est la circulation de l’information, c’est ce qui intéresse à la ois les techniciens et les commerciaux mais un nouveau défi technique se prépare pour la réorganistion. Personnellement, mon travail du moment consiste à cartographier l’information à partir non pas de la localisation mais du nom et du type de contenu. Ce que j’ai déjà fait au cours de mes humanités pour les animaux bizarres mais j’avais un net avantage, j’avais accès au système hiérarchisé d’après . Ici et maintenant, aujourd’hui sur Internet il faut avancer dans la classification et la recherche des données à l’aveuglette.

Je pratique au quotidien la guerilla de l’information, je dois  faire appel à mes connaissances dans tous les domaines pour trouver le lieu où se trouve la bonne information et la réstituer par le contenu…

Et c’est là qu’on a inventé un moyen génial “le mind mapping” qui combine le procédé de localisation (visuelle cette fois) des données en lui ajoutant une formalisation.

Un exemple visuel la prochaine fois

Culture 2010

A quoi sert la culture? A enchanter le présent du passé, à remplir le futur de promesses. Bonne année 2010, meilleurs voeux à partager….

Wikipédia vs Britannica

Wikipédia: tout le monde connaît. Rien que sur la plateforme française 885 249 articles et plus de 5 000 contributeurs actifs. Son succès est tel que les encyclopédies papier, le Quid, l’Encyclopédia Britannica ou encore Encarta ont cessé leur publication et ont, pour certaines d’entre elles, fermé définitivement leur site.

Wikipédia a gagné en partie la bataille de l’information encyclopédique sur le net par ses 3 mots:  gratuit, simple et ouvert. Cependant, comme pour toutes les idées géniales, Wikipédia  n’a rien inventé, elle n’a fait qu’adapter  à de nouvelles technologies le vieux principe humaniste de diffusion et circulation  des savoirs. Son utilité n’est plus à démontrer.

circulation du savoir encyclopédique

Cependant, Wikipédia en se rendant indispensable a mis entre parenthèse tout un pan d’organisation du savoir. Les encyclopédies, à l’image des début de Yahoo Search, organisaient la connaissance par grandes catégories de savoir sur le net on appelait cela des portails, dans les bibliothèques des signets ( Pour voir encore à quoi ça ressemble RDV  sur http://signets.bnf.fr/).

Les portails de Wikipedia semblent reprendre ce système mais en réalité il ne dirigent pas la consultation des articles, l’appartenance d’un article à une catégorie n’est pas obligatoire. C’est le travail des fourmis sur wikipédia qui relie les articles entre eux.  En bref, Wikipédia permet de butiner des informations mais n’offre pas encore la possibilité de construire un savoir dans un système global, classifié, organisé où chaque article renverrait à une catégorie du savoir bien déterminé et universel.

Ce système a été mis de coté pour l’instant.Cependant à l’époque où l’Encyclopédie Universalis était encore publié, à la fin des 30 lourds volumes se trouvait un volume particulèrement intéressant qui s’appelait Micropaedia.

Micropédia (le nom que porteaujourd’hui  le ”Wikipédia” de Windows ;-) ) reproduisait  le système global de classification du savoir sous forme d’un arbre de la connaissance.

Pour rappel l’arbre de la connaissance a permis de faire émerger d’un système circulaire du savoir les grandes classifications que nous retrouvons aujourd’hui à l’université.

arbre de la connaissance

arbre de la connaissance

Le fait est qu’aujourd’hui wikipédia est incoutournable. Elle est la source majeure d’information pour les non spécialistes. Mais il manque encore aujourd’hui à Wikipédia un système d’arborescence global.  Plusieurs projets universitaires vont aujourd’hui dans ce sens (http://www.cite-sciences.fr/francais/web_cite/informer/tec_met/scate/manuel%20arbres%20connaissance.pdf, http://webtv.univ-lyon2.fr/article.php3?id_article=757). Mais ce travail est tellement d’envergure qu’il faudra une collaboration de la taille de wikipédia pour qu’elle soit effective. Je compte lancer dans la semain une discussion pour monter ce projet au sein de l’Incubateur de Wikimania. Un projet de taille qui complète l’offre de Wikipédia et permette de combiner les deux modes d’accès au savoir…

Exemple de classification encyclopédique

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